vendredi 17 novembre 2017

Marâtre encore...

La sensation profonde que cette première salve dormait là depuis longtemps. Ces voix, elles ne vous ont pas été données. Mais elles s'étaient tapies. Ouvrir les portes donc et projeter sur la feuille. Et même une succession de portes parce qu'à chaque fois, on découvre encore un peu de ce qu'on avait laissé au fond. Toute la pulpe. Ne pas trop se soucier de faire le tri. Bannir un temps au moins l'intention. Ne pas se retourner pour le moment. Plus tard viendra le temps de la maîtrise, de l'intention donc. Pas de hasard pour autant. Ces voix, il a bien fallu qu'elles entrent. Tirer le fil. Vider toute la pelote. Forcément, on a quand même une légère appréhension. Quand on se retournera, tout sera peut-être bon à jeter au feu. Mais ça m'étonnerait aussi. Il faudra retailler dans le bloc, bien sûr, réagencer, détendre encore, effacer, sabrer. Mais le squelette sera là. Et le squelette sera venu sans trop de heurt ou plutôt, sans se faire prier. En marchant et peut-être même à plus vive allure. Foncer tête baissée.

mardi 14 novembre 2017

Résidence avec Thomas, semaine 1

Le réseau lecture de la communauté de communes de l'Ernée nous a laissé carte blanche avec Thomas pour créer un texte à lire à voix haute. Un moment que chacun de notre côté, nous avons inclus cette dimension dans nos pratiques respectives. Un goût commun, je pense, pour capter les voix.
Très heureux de retrouver l'ami Thomas et qu'on travaille ensemble. Mille mercis à Clarisse d'avoir provoqué cette rencontre. Passionnant vraiment de réfléchir à deux, de confronter nos voix, de voir aussi ce qui les rend proches. Où trouver le point de rencontre ? Comment envisager l'écriture à deux quand on travaille sur l'intime ?
Nous avons défini un principe de travail et commencer le chantier. Thomas a pioché dans mes textes dix extraits qui lui parlaient. J'ai fait de même dans ses livres. L'idée est que chacun poursuive ensuite le texte de l'autre. Qu'est-ce qui nous parle dans le texte de l'autre ? Comment rebondir, poursuivre ? Il sera question dans tout cela, entre autres, de nos rapports à l'écriture, de ce qui nous pousse, nous anime, etc.
Travail en cours passionnant donc... et le grand plaisir de passer la semaine avec monsieur Scotto. Rendez-vous en janvier pour la suite.

mercredi 8 novembre 2017

Artaud Work in progress



A mesure que le travail avance, scénario comme arrivée des premières images de Laurent, je m'interroge, me réinterroge sur Artaud. Je lis, relis, relie certains textes non encore connus de Artaud et sur Artaud...
La lettre, la correspondance chez Artaud, est la forme la plus fréquente. Pour autant, concernant ses lettres, peut-on parler de littérature ? Oui et non et tout dépend des missives considérées. Certaines sont purement factuelles mais pour le plus grand nombre, il faut bien avouer que tout Artaud est là, dans les lignes qu'il trace, parce que le destinataire de ses lettres importe peu. C'est là en tout cas qu'il se met en scène une fois encore, expose ses doutes, ses souffrances dès les années 20, fustige, fulmine, dénonce jusqu'à sa mort en 1948. Et le plus souvent avec une lucidité immense. Cette correspondance est plus que touchante. Elle est essentielle. Chez Artaud, c'est la périphérie de l’œuvre qui fait l’œuvre parfois. Parce que forcément, la plupart de ces lettres sont adressées à Artaud lui-même, à qui il peut même arriver d'être plusieurs.
Je m'interroge donc, me réinterroge, tâtonne...
Il peut exister un lien entre art et folie. Mais le plus souvent, certains artistes ont sombré dans la démence. Ils sont partis sans revenir. Les exemples sont nombreux. Hölderlin, Nerval, Maupassant... Dans le cas d'Artaud, la grande différence, c'est qu'il y a justement la question du retour, cette incroyable lucidité retrouvée à sa sortie de Rodez. Cette extra-lucidité. Arpentant les différentes parties de sa vie, de son œuvre, on s'aperçoit d'ailleurs que cette lucidité affûtée ne l'a jamais quitté. A part dans certains moments de grande confusion, de souffrance trop forte. Artaud a toujours eu une capacité à s'observer lui-même, à s'analyser, dès les lettres à Jacques Rivière, dès les années 20. Il est constamment en représentation, spectateur de lui-même aussi. C'est cette dimension que nous tenterons de rendre au mieux, avec Laurent, par la superposition par exemple d'éléments intimes, sur l'image. Car si nous souhaitons proposer notre lecture de la vie d'Artaud, nous voulons rendre visible, grâce au roman graphique, ce qui a pu être sa perception de la réalité. Il reste du pain sur la planche assurément.

Vous pouvez, si ça vous tente, aller faire un tour du côté de France Culture pour écouter une émission passionnante sur Artaud qui date de 1975. C'est par ici.

vendredi 3 novembre 2017

Découvre le troisième épisode de Solenn et Plop !





Découvrez le troisième épisode de Solenn et Plop,
De la crêpe crue, qui l'eût cru ? par ici ou par .
Solenn et Plop, une Web-Série produite par Bretagne Culture Diversité, réalisée par Studio Crumble et Damien Barrachin. J'ai la chance d'en être le scénariste.
N'hésitez pas à laisser vos avis ici ou là !

mardi 24 octobre 2017

Docs Benjamin... les deux prochains en février

Rien que pour vous... voici les couvertures des deux prochains volumes de la collection Docs Benjamin chez Milan. Ce sera les onzième et douzième. Ils seront consacrés à l'espace et aux Jeux olympiques.
A nous deux l'espace est illustré par David Ercolini et Le vrai héros de JO par Marie Spénale.
Ils paraîtront en février 2018.
J'espère qu'ils vous plairont.
Très heureux de poursuivre l'aventure de cette collection. On vous en prépare d'autres...
Je profite de ce billet pour remercier l'équipe éditoriale de Milan et Sophie Dussaussois (écriture des textes documentaires et suivi éditorial) pour leur confiance renouvelée.

mardi 17 octobre 2017

Marâtre...


Ces derniers jours, je m'impose une discipline ferme pour faire avancer mon projet adulte que j'ai déjà évoqué ici. J'espère que je le mènerai au bout.
Il y a une appréhension sans doute, une peur stupide à revenir dans ce type de narration-là. Se dire qu'on avance dans la littérature (tout court) et non dans la littérature jeunesse, même si j'ai toujours trouvé que distinguer les deux était un brin idiot. Il n'empêche...
J'ai trop longtemps reculé, différé l'histoire qui se déroule, qui se déplie devant moi. Trois voix, celles du fils, de la fille et du père, pour évoquer une seule femme. La marâtre donc.
J'adore ce moment-là où il faut se mettre à l'écoute, s'interroger pour savoir comment faire parler tel ou tel individu dans la narration. Accueillir, ouvrir, creuser. Ne rien s'interdire.
Je ne crois pas trop à la notion de premier jet. Cela ne veut pas dire grand-chose. Parfois, sans s'écrire tout seul, sans se dire qu'on ouvre comme un robinet de paroles, eh bien on se rend compte qu'on porte quand même une voix depuis si longtemps qu'elle sort naturellement de notre tête.
Le tout pour commencer est de l'écouter, de ne pas la laisser s'évaporer surtout, de l'interroger sans cesse. Même si dans un deuxième temps, il y aura un gros travail d'élagage.
Voilà pourquoi j'ai décidé, chaque matin qui me voit venir au bureau, de commencer par ce travail-là. Pour être sûr que chaque jour, j'aurai tenté de faire avancer tout ça. Une séquence par jour. Ce sera une histoire avec des voix d'enfants, forcément.

 *

Sous toute réserve, bien entendu, parce que de toute façon, tant que le chantier n'est pas terminé, tout est mouvant, eh bien voici les premières lignes de ce projet "Marâtre". Ce sont les premiers mots du fils.


"Je ne pensais pas que les choses auraient fini ainsi. J’aurais aimé que l’issue soit différente. Mais cette femme s’était placée devant nous et tout son corps avec. Et tout son corps surtout. Ample, son corps où se perdre. Puisque c’est de ce dernier dont elle avait joué, contre notre père d’abord, comme on jouerait à la perfection d’un instrument de musique. Une virtuose. Toute cette histoire constituait pour ma sœur et moi une impasse. Aussi, nous est-il apparu assez rapidement qu’il ne servait à rien d’essayer de faire des compromis, de recoller tout ce qu’elle envoyait valser. Car elle avait veillé dès son entrée dans la maison à tout faire exploser, avec un savant mélange de cruauté et de perversion. Et les premiers temps, je n’avais rien vu, même si j’avais senti un malaise s’installer. Parfois, on sait que quelque chose cloche sans trop savoir quoi."

mercredi 4 octobre 2017

A partir d'aujourd'hui sur vos écrans...




Ne manquez pas le deuxième épisode de Solenn et Plop, Précieux bocage.
Diffusé à partir du 4 octobre par ici ou par .
Solenn et Plop, une Web-Série produite par Bretagne Culture Diversité, réalisée par Studio Crumble et Damien Barrachin. J'ai la chance d'en être le scénariste.
N'hésitez pas à laisser vos avis ici ou là !